PNL et formation des enseignants

Ron Piper explore comment la PNL peut être appliquée de manière positive aux montagnes russes émotionnelles que peut être la formation des enseignants.

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PNL et formation des enseignants

La formation d’enseignant peut s’apparenter à des montagnes russes émotionnelles : les réussites en cours peuvent rapidement s’effacer à la suite d’échecs en classe, et inversement. Et bien sûr, le flot incessant de conseils bien intentionnés prodigués par des collègues chevronnés peut parfois aggraver un sentiment de dévalorisation personnelle alimenté par des pensées telles que « Mais pourquoi n’y ai-je pas pensé ? » ou « Pourquoi n’ai-je pas vu ça ? ». Ces conseils sous-entendent l’existence d’une meilleure méthode, une méthode qui, d’après l’expérience de nombreux enseignants stagiaires, fait défaut dans leur pratique. Alors, quelle alternative existe-t-il ?

La PNL part du principe que nous disposons de toutes les ressources dont nous avons besoin. En gardant cette idée à l’esprit et après avoir observé les enseignants stagiaires, j’invite toujours ces derniers à comparer le cours qu’ils ont dispensé avec celui qu’ils avaient en tête, et à réfléchir aux changements qui seraient nécessaires pour que les deux cours concordent. D’après mon expérience, les stagiaires sont très doués pour identifier ce qui doit changer. Ou, en d’autres termes, pour comprendre les différences qui font toute la différence.

Oui, il s’agit d’une variante consistant à s’observer dans un film puis à réfléchir à ce qui doit changer. Mais le principe cognitif central ici, tout comme dans le visionnage d’un film, est l’analyse contrastive : en quoi le cours idéalisé (celui planifié) diffère-t-il de la réalité du cours dispensé ? Les enseignants de tous horizons connaissent très bien l’AoL (évaluation de l’apprentissage) et l’AfL (évaluation pour l’apprentissage). Il me semble désormais que les processus de réflexion impliqués dans l’analyse contrastive correspondent exactement à l’AoL et à l’AfL : voilà où j’en suis, et voilà ce que je dois faire pour changer. Et n’est-ce pas là, après tout, l’un des principaux axes de réflexion du coaching ?

Le grand avantage pour les enseignants stagiaires de recevoir ce type de retour d’information est qu’ils s’approprient leurs futurs objectifs pédagogiques. Certes, je pourrais indiquer à un stagiaire comment s’améliorer, mais ce conseil proviendrait de mon modèle, de ma compréhension subjective de la classe. Les stagiaires, comme nous tous, savent quand un cours ne se passe pas bien : ils traitent les informations somatiques, ils s’impliquent émotionnellement. L’utilisation de l’approche « film/analyse contrastive » permet aux stagiaires de transformer ces expériences en objectifs. Ils sont les experts d’eux-mêmes.

Encore une fois, d’après mon expérience, les enseignants stagiaires sont tout à fait capables d’indiquer aux observateurs ce qui doit changer, et ils le font souvent en faisant totalement abstraction de leur ego. La difficulté consiste à amener les stagiaires à limiter leur autocritique à quelques points clés seulement. Mais adopter une approche quasi-méta – et réfléchir aux observations que vous avez faites : lesquelles vous inciteraient à agir ? Et si vous n’en reteniez qu’une seule, quel en serait, selon vous, l’impact ? Est-il possible de mettre cette action en œuvre immédiatement ? – peut les aider à identifier les meilleures actions à mener.  

Donner aux enseignants stagiaires les rênes et leur offrir la possibilité d’être les artisans de leurs propres réussites renforce leur estime de soi et jette les bases pour former des enseignants dotés d’une capacité de réflexion et d’autonomie. Et ne sont-ce pas précisément ces enseignants-là que nous souhaitons voir dans nos classes ?

Ron Piper
Ron Piper (article membre)

formateur, coach, éducation